Ses volcans, ses rizières, sa capitale… L’île de Luçon a tellement à proposer que j’aurais pu y passer tout mon séjour. Je vous partage mes impressions sur Manille et sur les rizières. Attention, coup de cœur en vue !

Manille, « perle de l’Orient » ?

S’arrêter à Manille ou pas?

Certains la déconseillent, d’autres estiment qu’elle ne vaut pas vraiment la peine. Je souhaitais me faire mon propre avis et, de toute façon, il était hors de question de ne pas visiter Manille. Je suis d’ailleurs assez étonnée, énervée même, de voir certains blogueurs juger si facilement Manille. Ne pas souhaiter s’y arrêter, d’accord. Mais estimer que c’est une ville sale, pauvre, polluée et inintéressante après avoir fait 1h de taxi et dormi dans un hôtel… Non. Bref, je suis restée une journée à Manille, entre décalage horaire et bus de nuit, mais au moins je peux parler en mon nom.

Verdict : Manille est… charmante ! Attention, je ne parle que du centre, qu’on appelle intramuros. Ce quartier est très atypique au sens où l’esprit colonial espagnol s’y ressent encore. J’ai vraiment beaucoup aimé ce petit centre, d’autant qu’il était assez déserté par les touristes 😉

Mais de-là à parler de « perle de l’Orient » comme la ville est parfois surnommée… Non. L’architecture est moins bordélique que Bangkok mais je n’ai pas retrouvé le même charme que dans la capitale thaïlandaise. Vous avez les grands buildings, les grands boulevards, une grande roue puis des étales partout, des tuk-tuk et des jeepneys qui se bousculent… la vie quoi ! Un vrai spectacle qui se déroule sous le ciel bleu qui plus est, différence notable avec Bangkok !

J’ai été assez marquée par la pauvreté, plus flagrante qu’à Bangkok. J’ai vu un nombre indécent d’enfants jouer avec ce qu’ils trouvaient dans la rue. Ce n’est pas le cas partout, la dernière nuit nous résidions dans un quartier assez branché et moderne. Une autre facette de Manille. J’avais réservé une chambre dans un grand complexe assez intriguant. Il était en effet entouré de hautes tours de plus de 40 étages où vivent des gens assez aisés, en témoignent les infrastructures (grandes piscines, salle de sport, terrain de basket). Et surtout, la vue sur les buildings au coucher du soleil et une fois la nuit tombée était magnifique !

 ➡ 1 nuit au Perfil Vacation Rental (dans un petit studio très confortable) : 31€ pour deux.

manille rue tuk tuk philippines

Comment s’organiser dans Manille ? Comment se déplacer ?

En sortant de l’aéroport, vous trouverez très facilement la rangée de taxis. Je m’étais pas mal renseignée, étant donné les difficultés que nous avions pu rencontrer à Bangkok. Cette fois ci d’ailleurs, j’avais imprimé le trajet pour aider Monsieur le taxi !

En somme, vous pouvez prendre un taxi meter. Nous ne l’avons pas fait mais, a priori, ils ont également cette tendance à oublier de mettre leur compteur. En ce premier jour, nous avons choisi un taxi ordinaire, blanc. Évidemment, il a fallu négocier le prix et encore… nous étions en 15 minutes à peine à l’hôtel donc les 8€ étaient bien généreux. Je vous conseille l’application Grab que j’évoquais dans le précédent article sur mes conseils, mon itinéraire et mon budget.

 ➡ Étant donné notre arrivée tardive, après minuit, j’avais privilégié un hôtel proche de l’aéroport. Nous avons dormi une nuit au Cornel’s Room Rental : simple, propre, chaleureux pour 16€ la nuit. Les petites bouteilles d’eau et les indications pour rejoindre le centre le lendemain ont été très appréciées !

Donc comment rejoindre le centre de Manille ? Rien de plus simple (en théorie). Les explications de la gentille dame de l’hôtel en poche, je confonds évidemment jeepney et tricycle et ne descends pas au bon arrêt. Je retrouve tout de même mon chemin grâce à la gentillesse des Philippins 😀 Je n’ai pas expérimenté le système de bus de Manille, le  « métro léger » ou LRT ayant largement suffit à mon programme. Il comporte deux lignes, la jaune et la violette. Il y a un également une ligne bleue, le MRT, que je n’ai pas utilisée. Pour aller dans le centre (intramuros), rien de plus simple : vous vous arrêtez à Central Terminal. Prix du trajet depuis Baclaran : 20 pesos (3 centimes).

fontaine cour philippines manille

Que faire à Manille ?

Bien sûr, je n’ai pas tout fait, tant les distances sont importantes. J’ai par exemple abandonné l’idée de visiter la Manille plus moderne et notamment le quartier Makati ou encore le cimetière chinois. L’essentiel des points d’intérêt se situe dans l’intramuros, la cité fortifiée. En une demi-journée j’ai dû sélectionner, j’ai notamment fait l’impasse des musées pourtant prometteurs comme le National Museum of the Filipino people.

Je vous conseille vraiment de faire la Casa Manila, qui vous met dans l’ambiance coloniale. L’extérieur de la maison mais également l’intérieur sont de toute beauté ! On arrive facilement à se projeter au XIXe siècle. Prix d’entrée : 1,3€.

En face de la Casa Manila, vous pouvez admirer l’Église catholique Saint Agustin qui fut le seul édifice majeur à survivre à la bataille de Manille, à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les Philippins sont en grande majorité catholiques et qu’il n’y a donc pas de temples comme en Thaïlande.

Autrement, le mieux est d’arpenter les rues en vous laissant porter par vos envies. J’ai fait une bonne partie du quartier et j’ai vraiment été étonnée par l’absence d’agitation, de bruit comme dans d’autres coins de la ville.

En poursuivant vers le nord, vous passerez par la jolie et animée place de Rome où s’impose la cathédrale de Manille.

Puis, dirigez-vous vers le fort Santiago et son agréable parc ombragé avec ses petites fontaines. Il offre une jolie vue sur le fleuve (le Pasig) et les buildings. De même, vous y trouverez un musée sur le héros national José Rizal (le Rizal Shrine) à l’endroit où ce dernier fut incarcéré avant son exécution. Toujours sympa d’en découvrir un peu plus sur le pays qui vous accueille 😉  Prix d’entrée : 1,3€.

D’ailleurs, ce héros national est également à l’honneur au parc Rizal, lieu de son exécution. Je m’attendais à un parc avec des arbres, sorte de poumon de la ville, mais en fait pas du tout. Il n’est absolument pas ombragé, l’herbe est totalement grillée et l’intérêt du parc est assez résiduel (le monument à Rizal à l’emplacement de l’exécution notamment). Au-delà des chansons d’amour qui passent au microphone, j’ai surtout aimé le petit parc chinois à côté (et ses bancs à l’ombre !).

Ces quelques lignes sur Manille ne suffiront peut-être pas à vous convaincre de lui laisser une chance mais faites attention aux préjugés, Faites-vous votre opinion par vous-même 😎

eglise manille philippines place

Les rizières du Nord des Philippines

L’une des plus belles étapes de mon voyage aux Philippines. Plus qu’un coup de cœur, un coup de foudre !

Comment se rendre jusqu’aux rizières ?

Il y a plusieurs possibilités pour se rendre dans le Nord mais, dans tous les cas, la route est un impondérable. La première solution, plus onéreuse, est de prendre un van privé. Je n’ai pas testé. Toujours routarde et ayant pris l’habitude de voyager en bus depuis le Chili, j’ai choisi des bus de nuit avec la compagnie Ohayami Transit. Je vous donnais mon avis dans le premier article sur les Philippines. Avec tous les arrêts, la route sinueuse, la conduite du chauffeur, l’inconfort du siège, la clim et j’en passe : les deux fois 9 heures de route n’ont pas été deux fois 9 heures de sommeil. Enchaîner tout de suite avec le trek fut vraiment dur mais c’était le prix à payer pour ne pas perdre trop de temps dans les transports. Prix de l’aller-retour avec cette compagnie : 17,8€.

Je sais qu’il y a d’autres compagnies avec plusieurs départs programmés, vous trouverez facilement les informations sur internet. Le départ de Manille pour cette compagnie se fait depuis la gare de Sampaloc. Le quartier n’est pas fameux, il est difficile d’y trouver à manger donc je dois avouer que nous avions cédé pour un McDonald’s… Shame on us ! 🙄

Comment s’organiser aux rizières ?

Il y a deux manières de voir les rizières : par vous-même ou avec un guide. Vous trouverez facilement des itinéraires que vous pouvez suivre sur un ou deux jours, en dormant dans les villages, si vous optez pour la première solution. Pour ma part, j’ai préféré passer par un guide et j’ai trouvé la perle ! J’ai choisi de passer par une petite agence tenue par un adorable couple franco-philippin, Zélie et Samuel : Ifugao Trek. Ils ont d’ailleurs été vus dans l’épisode d’Échappées Belles aux Philippines 😉 J’ai choisi la formule deux jours une nuit.

Cela a vraiment été un bon choix, tout a été parfait grâce à eux ! Nous avons payé 85€ tout compris (sauf le petit-déjeuner du premier matin et les boissons autres que l’eau). Avoir la nourriture inclus était extrêmement pratique car cela nous faisait moins à porter pendant le trek et, surtout, nous n’avions pas à nous soucier de ce que nous allions manger, c’était toujours de qualité. Je vous détaille tout ça.

philippines banaue batad riz

Jour 1 du trek : départ de Banaue

Samuel est venu nous récupérer à 7h à la gare de Banaue, à la descente du bus. Nous avons filé en tricycle jusqu’à un petit restaurant avec une magnifique vue pour petit-déjeuner (nous devions payer le repas). Nous nous y sommes changé, avons pris un petit sac et laissé notre grand sac dans une consigne. N’hésitez pas à demander des conseils pour votre sac, il faut vraiment se charger un minimum mais prendre des vêtements adaptés (va-t-il pleuvoir ? Faire froid ?). Le guide prend de l’eau pour vous mais j’ai préféré avoir mes propres bouteilles. Vous pourrez toujours en acheter sur le chemin (ainsi que des snacks et d’autres boissons). Sachez que la nourriture est plus chère le long de la route, tenant compte des difficultés d’acheminement.

Une fois prêts, nous sommes partis avec notre guide, Marvin, en tricycle jusqu’aux premières rizières que l’on peut observer depuis plusieurs points de vue. La distance et la brume fait que ce ne sont pas les plus belles vues mais ça, nous ne le savons pas encore alors on bombarde de photos. Puis le trek démarre.

Le programme de la journée : entre 6 et 7 heures de marche jusqu’au village de Cambulo, en passant par le village de Pula. Marvin est clair dès le début, il a deux règles :

  • On ne doit pas prendre de photo en marchant, notamment dans les rizières. Trop dangereux (effectivement).
  • Celui qui tombe mange un balut, une spécialité : un œuf cuit à la vapeur dont le fœtus est déjà formé. Absolument hors de question que je mange ça (qui n’est pas si mauvais a priori). Autant vous dire que ma concentration a été au maximale 🙄

Les deux premières heures montent un peu et heureusement qu’il y a de l’ombre pour faire des pauses. On est dans la jungle et on suit un petit sentier, parfois très très proche du vide. On arrive ensuite sur les rizières et là…. C’est vraiment indescriptible ce qu’on ressent face à ce décor. J’avais ressenti la même chose au Machu Picchu : une sérénité, une totale admiration pour ce travail qu’on fait les hommes il y a 2000 ans pour penser ces terrasses et surtout y travailler tous les jours. Tout le long, on en apprend sur la culture du riz et les conditions de vie des gens de la région. Le feeling passant bien avec le guide et étant d’un naturel assez curieux, nous avons beaucoup parlé de sujets de société. Il faut savoir que, pour demander une femme d’une certaine zone du Nord en mariage, le futur époux doit fournir 8 cochons !

En chemin, on s’arrête prendre un bon bain froid dans une cascade. C’est très appréciable étant donné la chaleur et l’humidité ressenties au cours du trek !

Après 6 heures de marche, on découvre le village de Cambulo. Le village ne vit pas des rizières, qui servent uniquement à l’alimentation des habitants, mais de la vente de légumes et du tourisme. La famille qui nous héberge et le « restaurant » où nous mangeons sont rémunérés pour nous accueillir. Autant vous dire qu’on a reçu la douche froide et le seau avec les yeux de l’amour. Et que dire du massage d’une heure ensuite ? Pour 350 pesos, on en arrive presque à oublier la crispation de certains tout nos muscles. Nous dormons chez l’habitant, dans une maison typique et une adorable famille avec qui on peut discuter car elle parle un peu anglais. Avant le repas nous avons le droit à un spectacle des enfants qui chantent plusieurs chansons, notamment un certain nombre de françaises (Alouettes, Frères Jacques), et nous font découvrir les danses traditionnelles. Je m’y suis essayée, ce n’était pas fameux ! Après cette fiesta de dingue, à 21h30 je dormais 😀

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Jour 2 du trek : direction Batad

Marvin nous avait prévenus : la première journée est la plus longue, la seconde la plus dure (4h de marche tout de même). Le cadre était posé ! Il faut dire que je m’en doutais un peu. La veille, à mesure que nous descendions vers le village, je ne pensais qu’à : « mais, la route, elle doit être en haut, non ? ». Effectivement, la journée démarre avec des marches, encore et encore, vers le sommet. Puis, le chemin traditionnel s’étant effondré, nous poursuivons sur la route (encore en montée) puis redescendons vers les rizières.

Petit aparté, il est difficile pour une Occidentale comme moi, vivant dans son petit confort, de s’imaginer vivre comme ces gens des rizières. Le choc est d’autant plus grand quand on voit leur habitation traditionnelle, où vivent des familles entières (et parfois très nombreuses). Bref, je vous laisse discuter avec vos guides pour en savoir plus.

En cette deuxième journée, les rizières sont encore plus belles que la veille et le clou du spectacle est l’arrivée vers Batad. Le village domine un amphithéâtre de rizières inoubliables ! Mais pour l’heure, nous nous dirigeons d’abord vers la cascade de Tappia. On arrive en haut, sans la voir, et on sait déjà l’enfer que ça va être à remonter. Mais bon, tant pis, ce petit bain dans une eau froide nous a tellement fait de bien… Et Marvin nous attendait avec un ananas bien frais à la sortie. Le meilleur guide au monde (best guide of the world you are <3). Vous l’aurez compris, j’ai craché mes poumons et maudit la personne qui avait choisi ce trek (moi-même) pendant 4 heures. Mais encore une fois, le déjeuner avec vue sur les rizières m’a fait tout oublier ! C’est la beauté d’un tel trek. On ne peut pas s’imaginer un tel paysage avant d’en avoir vu un. Et comme j’étais lente, j’ai particulièrement eu le temps de le voir 🙄

A la fin, un tricycle vient nous chercher et nous ramène au petit restaurant du départ pour prendre une douche puis à Le Bistro, un charmant restaurant tenu par Zélie et Samuel. Le wifi permet de nous reconnecter après ces 2 jours sans réseaux sociaux et compagnie…

village philippines rizières

2 jours de trek dans les rizières : l’heure du bilan

La marche entre les rizières est magnifique, et encore, le mot est faible. Il faut le vivre pour comprendre mais n’hésitez pas à regarder la vidéo sur mon voyage aux Philippines pour le constater par vous-même. Néanmoins, le trek est quand même assez physique avec des chemins escarpés, beaucoup de marches, des montées, des descentes qui tirent sur les genoux, les jambes, le sac à dos qui pèse… Le pire pour moi a néanmoins était le vertige. Il ne faut pas négliger la hauteur des rizières et le fait que nous passions parfois juste au bord, avec, à gauche une étendue de boue et, en contrebas (genre 2 mètres), une autre. Pas vraiment le droit à l’erreur, surtout avec la perspective du balut !

Mais au-delà de la beauté époustouflante du paysage, je retiens de ces deux jours l’important du dépassement de soi. C’était dur, je le savais mais je n’aurais pas imaginé à ce point. La chaleur, le vertige, les chevilles qui se tordent, les courbatures, les hypos, les hypers, etc… Je n’ai pas lâché et j’en suis fière 😉 Bon, je précise que ceci est mon expérience personnelle. James a eu nettement moins de difficulté que moi !

La découverte du Nord s’achève, cap sur les îles du sud !

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