Une journée au cœur de l’Histoire, la plus tragique soit-elle, pour perpétuer le devoir de mémoire.

Se rendre à Auschwitz : hommage ou voyeurisme ?

L’organisation de mon voyage à Cracovie a apporté une réponse à ma double interrogation concernant la visite des camps de concentration et d’extermination. Est-ce du voyeurisme que de s’y rendre ? Vais-je le supporter ? D’un naturel extrêmement sensible, j’avais particulièrement mal vécu la visite plus jeune de la ville d’Oradour-sur-Glane. Cette ville française martyre a vu sa population massacrée par une unité SS pendant la Seconde guerre Mondiale. Et puis j’ai pris conscience de la chance que j’avais de pouvoir vivre à mon époque tout en pouvant être le témoin du passé. Néanmoins, vous trouverez peu de photos sur cet article, la pudeur sûrement.

Récit d’une journée poignante à Auschwitz

J’ai donc pris un bus tôt le matin depuis la Gare Centrale de Cracovie (Krakow Glowny) pour me rendre sur le site. Le trajet dure environ 1h30 et coûte 7€. Le matin vous avez des bus très régulièrement, ce qui est moins le cas en fin de journée. Il faut compter une bonne journée de visite. Le prix de musée pour les adultes ne parlant pas polonais est de 9,50€. Je débute ma visite avec le tour du camp d’Auschwitz I de 10h. Ma guide était Polonaise mais elle parlait très bien français.

La première étape, qui met tout de suite dans le bain, est de passer par la fameuse entrée avec indiqué « arbeit macht frei », le travail rend libre. Même les rires des enfants cessent. Nous passons ensuite de blocks en blocks où nous trouvons des explications sur le fonctionnement du camp (textes, photos), des objets appartenant aux déportés (tas de chaussures notamment, bagages, lunettes…) et l’histoire de ces minorités assassinées. Je suis marquée par le contraste entre les barbelés et la végétation luxuriante qui a repris ses droits.

auschwitz block-barbele

Pudeur et tremblements

Puis je prends une navette pour rejoindre le camp d’extermination Auschwitz II – Birkenau à 3 km. L’ambiance est plus lourde, les gens plus silencieux en pénétrant dans ce qui fut un camp de travail forcé et un camp d’extermination. Ma première impression est que le site est magnifique. Il fait un soleil radieux, les fleurs sont sorties. Il est difficile d’imaginer la gadoue constante dans laquelle « survivaient » les déportés, notamment au cours des hivers interminables. Je pense que visiter le camp en hiver est une expérience totalement différente. A peine entrés, vous reconnaîtrez LA photo du camp : la porte avec ses rails. Le site est immense, entre les baraquements et les vestiges des fours crématoires. S’ils ont quasi tous été détruits par les nazis avant qu’ils ne prennent la fuite, nous pouvons tout de même pénétrer dans l’un d’entre eux.

La visite guidée a été malheureusement un peu expédiée sur la fin puisque notre guide devait impérativement rejoindre son prochain groupe. Je suis restée sur le site pour mesurer le moment que j’étais en train de vivre. En avançant entre les baraquements je lisais les passages si marquants d’Une vie, de Simone Veil. Coïncidence, elle est décédée quelques jours plus tard, laissant derrière elle son magnifique combat. Simone Veil est un exemple de parcours en tant que femme, mère et survivante qui n’a cessé et ne cessera de m’influencer. Elle qui disait : « Rentrez et racontez, pour que l’on sache et que cela ne puisse plus se reproduire ».

auschwitz simone veil femme
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