château périgord carole

Le seul interdit avec un diabète est la bêtise. Fort de ce constat, tout est possible.

Je suis diabétique depuis 2001 et je souhaite partage avec vous mon expérience en matière de voyage. Je tiens à préciser que les conseils que j’expose ici ne sont certainement pas valables pour tous les diabétiques. Chaque maladie est différente et il revient à chacun de trouver les solutions qui lui sont adaptées. Ce ne sont que des pistes parmi d’autres 😉

Qu’est-ce que le diabète de type 1 ?

Pour faire simple, un diabétique de type 1 n’est plus en mesure de gérer son taux de sucre seul. Ce que vous faites naturellement, automatiquement, je dois le faire par moi-même. Je dois m’injecter de l’insuline a minima 4 fois par jour pour diminuer mon taux de sucre et, au contraire, il m’arrive de devoir prendre du sucre car j’ai trop d’insuline dans le corps.

Le diabète ce sont des mathématiques, de la probabilité. Les journées ne se ressemblent pas, d’autant plus en voyage. Je dois réfléchir, anticiper mes doses d’insuline en fonction des repas, des activités, de mon état général, des conditions climatiques… Une erreur peut s’avérer fortement désagréable, voire dangereuse (coma) :

  • les hypoglycémies = manque de sucre = malaise, faim, perte de force.
  • les hyperglycémies = trop de sucre = maux de crâne, soif, pause pipi toutes les heures.

Mon matériel de diabétique branchée

Je dispose d’un stylo d’insuline rapide et d’un stylo d’insuline lente. J’ai également un testeur avec un appareil de lecture, des bandelettes, un stylo auto-piqueur et des aiguilles pour vérifier mon taux de sucre. Jusqu’en avril 2018, je me piquais le bout de doigt une dizaine de fois par jour pour connaître mon niveau de sucre dans le sang et adapter mes doses d’insuline.

J’utilise depuis 2018 le capteur Freestyle Libre qui est planté dans le bras et qui permet de lire le taux de sucre (glycémie) sans avoir à se piquer les doigts. Le changement de vie a été radical car non seulement le geste est plus simple mais, en plus, le capteur indique les tendances (le taux + si je suis en train de baisser ou augmenter).

Quel matériel je prends en voyage ? Je pars désormais avec un capteur (qui tient 2 semaines) et quand je pars plus de 15 jours, je termine mon voyage en revenant au testeur classique. Pour les destinations plages/mer, je préfère rester au testeur afin de ne pas prendre le risque d’abîmer le matériel dans la mer.

 💡 Dans tous les cas, il faut toujours penser à prendre les bandelettes et un stylo auto-piqueur. Je ne voyage pas avec du glucagon qui est un produit qu’on est censé m’injecter si je fais un malaise. C’est contraire à ce qu’a pu me dire le personnel médical mais la plupart de mes malaises sont vagaux et ne sont pas dus au diabète.

carole phare rocher

Comment préparer son voyage avec un diabète ?

La paperasse

Je pars toujours avec mon ordonnance française et une ordonnance en anglais. Cela peut faciliter le passage de certains contrôles dans les aéroports, notamment aux USA. C’est également un repère utile pour les pharmacies. Ce fut par exemple le cas quand j’ai dû aller dans l’une d’elles à Naples car j’avais oublié ma lantus en France. Bon finalement je suis restée sans lantus pendant 4 jours car il n’y avait pas les remboursements donc j’aurais dû payer 80€.  Comment ai-je fait sans lantus ? J’ai juste fait plus de rapide, plus fréquemment pour combler… A chaque problème sa solution 😉

Je n’ai pas pris d’assurance particulière pour mes voyages, si ce n’est pour mon année en Amérique Latine. Je l’envisagerai probablement pour des voyages de plus de 3 semaines ou dans certaines destinations (l’Australie par exemple).

Le stock

Cela m’amène à ma deuxième préconisation : toujours penser à bien gérer son stock. Anticipez que vous ferez peut-être plus de tests donc doublez le nombre de bandelettes, qu’un stylo insuline peut se casser, etc. Je prévois également des piles pour mon testeur, celles-ci sont notamment sensibles au froid et peuvent me lâcher assez facilement (du vécu, en Islande…). Ma principale difficulté a été lorsque je suis partie un an au Chili et que les pharmacies ne pouvaient pas me délivrer plus de 6 mois de soins. Je suis donc partie avec la moitié du stock et un proche est venu me donner le reste.

Notez que je ne suis ultra sérieuse avec mon matériel et que je ne prends pas les précautions nécessaires, notamment vis à vis des températures de conservation. Je n’ai rien à dire pour ma défense 😎

Le coca, c’est la vie

Quand je suis en voyage et que je fais de grosses hypoglycémies je me resucre au coca : rapide, efficace, international. J’en achète donc après la sécurité dans les aéroports. Je garde le ticket de caisse car, parfois, lors d’une escale, les agents nous contrôlent encore et mon coca est menacé 👿 Malheureusement, parfois, ce n’est pas suffisant…

carole désert jordanie

Le diabète pendant le voyage

L’insuline

Diabétique depuis les 9 ans, je me connais. Je baisse donc progressivement mes doses en voyage, tous les jours une unité de rapide et deux unités de lente en moins. Je peux être à 14 de rapide et 20 de lantus en France mais 10 de rapide et 14 de lente en Thaïlande.

L’alcool

Après les bonnes soirées festives, je terminais régulièrement dans un état d’hypo constante. Malgré le sucre, je n’arrivais pas à faire remonter ma glycémie. J’ai donc remarqué que boire de l’alcool augmentait ma glycémie dans un premier temps puis la faisait descendre et « absorbait » le sucre pris pour contrebalancer. Les soirs où je sais que je vais goûter la vie nocturne locale, je fais donc une piqure de rapide plus forte que d’habitude et pas de lente. Les médecins ne recommandent pas d’interrompre la lente mais c’est l’équilibre que j’ai trouvé 😉

Les activités

Je n’accepte pas les interdits 😎 J’ai fait de la plongée sans autorisation médicale au Brésil et au Mozambique, je suis allée dans une mine interdite aux diabétiques au Chili, etc. Je fais tout mais je réfléchis 😉 . Les sports aquatiques sont les plus compliqués à gérer. En effet, dans l’eau on se dépense plus et, personnellement, je sens plus difficilement les hypoglycémies. Il faut aussi savoir que les « émotions » influent sur la glycémie. Un coup de stress et c’est l’hypo assurée pour moi. Lors de ma première plongée en Brésil j’ai dû manger une vingtaine de carrés de sucre pour éviter l’hypo quand j’étais dans l’eau. Relativisons, c’est relou mais pas infaisable 😉

Pensez à toujours avoir de quoi vous resucrer et de l’eau. Si vous faites une hypo et que vous n’avez pas dans l’immédiat de quoi remonter la glycémie, ne paniquez pas (les émotions, comme je vous disais). Il y aura une solution, demandez un gâteau à quelqu’un. Ah oui aussi, je fais toujours très attention à mes pieds qui sont sensibles. Avec le diabète je cicatrise mal. Peu de tongs pour moi en voyage donc et bonjour les chaussures de rando ou baskets !

Comment gérer son diabète au retour ?

Lors des grands voyages, j’ai pris l’habitude d’aller chez le médecin et/ou de faire une prise de sang. Je vérifie que tout va bien pour éventuellement prendre des vitamines ou autres compléments alimentaires. Car le diabète c’est aussi avoir un système immunitaire moins efficace et attraper ce qui passe. Je reviens régulièrement malade. Et puis je me soigne, je grogne sur ce diabète et je reprends un billet d’avion  😎 !

carole rizières vue

Je témoigne

Suite à la parution de cet article, j’ai été invitée à témoigner sur le site de la Fédération Française des Diabétiques sur le thème “le diabète et le voyage“.

3 réponses
  1. rtk
    rtk dit :

    Bonjour Carole,
    Merci pour ce témoignage.
    Par contre tu ne parles pas d’assurance/d’assistance voyage : en as-tu trouvé une qui te couvre en cas de problème lié au diabéte ?
    Je pars en Australie, et je galère pour en trouver une.
    rtk

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    • Carole
      Carole dit :

      Bonjour,

      Effectivement je n’en parle pas car je ne suis pas spécifiquement couverte. J’ai une assurance rappatriement mais c’est tout… pour partir un an au Chili j’avais galéré et j’étais passée par l’assurance de mon père (Je peux retrouver le nom si tu veux).

      Répondre
  2. rtk
    rtk dit :

    Merci pour ta réponse rapide.
    Avec la carte visa premier de mes parents, je suis couverte assistance/assurance/rapatriement pour tout SAUF le diabète.
    Et si on doit emmener à l’hôpital en cas de très grosse hypo, cela risque de coûter très cher en Australie. Cela m’est arrivée en Allemagne, mais c’est en Europe donc prise en charge par la sécu française.
    Oui je veux bien le nom de l’assurance qui couvre ça,
    Merci par avance

    Répondre

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