Le seul interdit avec un diabète est la bêtise. Fort de ce constat, tout est possible.

Je tiens à préciser que les expériences et conseils que j’expose ici ne sont certainement pas valables pour tous les diabétiques. Chaque maladie est différente et il revient à chacun de trouver les solutions qui lui sont adaptées. Ce ne sont que des pistes parmi d’autres…

Qu’est-ce que le diabète ?

Pour faire simple, un diabétique de type 1 n’est plus en mesure de gérer son taux de sucre seul. Ce que vous faites naturellement, automatiquement, je dois le faire par moi-même. Je dois m’injecter de l’insuline a minima 4 fois par jour pour diminuer mon taux de sucre et, au contraire, il m’arrive de devoir prendre du sucre car j’ai trop d’insuline dans le corps.

Le diabète ce sont des mathématiques, de la probabilité. Les journées ne se ressemblent pas, d’autant plus en voyage. Je dois réfléchir, anticiper mes doses d’insuline en fonction des repas, des activités, de mon état général, des conditions climatiques… Une erreur peut s’avérer fortement désagréable, voire dangereuse (coma) :

  • les hypoglycémies = manque de sucre = malaise, faim, perte de force.
  • les hyperglycémies = trop de sucre = maux de crâne, soif, pause pipi toutes les heures .

Mon matériel de diabétique branchée

Je dispose d’un stylo d’insuline rapide et d’un stylo d’insuline lente. J’ai également un testeur avec un appareil de lecture, des bandelettes, un stylo auto-piqueur et des aiguilles pour vérifier mon taux de sucre. Je me pique le bout de doigt une dizaine de fois par jour puis j’adapte mes doses d’insuline en fonction. J’utilise depuis peu le Freestyle qui est un capteur planté dans le bras et qui permet de lire le taux de sucre (glycémie) sans avoir à se piquer. Novice et n’étant pas encore en confiance, lorsque je pars en voyage j’utilise mon testeur habituel. Dans tous les cas, il faut toujours penser à prendre les bandelettes et un stylo auto-piqueur. Je ne voyage pas avec du glucagon qui est un produit qu’on est censé m’injecter si je fais un malaise. C’est contraire à ce qu’a pu me dire le personnel médical mais la plupart de mes malaises sont vagaux et ne sont pas dus au diabète.

route monument valley USA diabete

Comment préparer son voyage avec un diabète ?

La paperasse

Je pars toujours avec mon ordonnance française et une ordonnance en anglais. Cela peut faciliter le passage de certains contrôles dans les aéroports, notamment aux USA. C’est également un repère utile pour les pharmacies. Ce fut par exemple le cas quand j’ai dû aller dans l’une d’elles à Naples car j’avais oublié ma lantus en France. Bon finalement je suis restée sans lantus pendant 4 jours car il n’y avait pas les remboursements donc j’aurais dû payer 80€.  Comment ai-je fait sans lantus ? J’ai juste fait plus de rapide, plus fréquemment pour combler… A chaque problème sa solution.

Le stock

Cela m’amène à ma deuxième préconisation : toujours penser à bien gérer son stock. Anticipez que vous ferez peut-être plus de tests donc doublez le nombre de bandelettes, qu’un stylo insuline peut se casser, etc. Je prévois également des piles pour mon testeur, celles-ci sont notamment sensibles au froid et peuvent me lâcher assez facilement (du vécu, en Islande…). Ma principale difficulté a été lorsque je suis partie un an au Chili et que les pharmacies ne pouvaient pas me délivrer plus de 6 mois de soins. Je suis donc partie avec la moitié du stock et un proche est venu me donner le reste.

Le coca, c’est la vie

Quand je suis en voyage et que je fais de grosses hypoglycémies je me resucre au coca : rapide, efficace, international. J’en achète donc après la sécurité dans les aéroports. Je garde le ticket de caisse car, parfois, lors d’une escale, les agents nous contrôlent encore et mon coca est menacé 👿 . Concrètement, quand le ticket de caisse n’est pas suffisant je prends mon air grave et :

  • Je dis que c’est une question de sécurité (je montre que je suis diabétique et j’explique pourquoi je ne peux pas boire la bouteille pour prouver qu’il n’y a pas de bombe…). C’est passé en Turquie et en Arabie Saoudite alors…
  • Je parle de non-assistance à personne en danger…
diabete yosemite parc

Le diabète pendant le voyage

L’insuline

Diabétique depuis 17 ans maintenant, je me connais. Je baisse donc progressivement mes doses en voyage, tous les jours une unité de rapide et deux unités de lantus en moins. Je peux être à 14 de rapide et 20 de lantus en France mais 10 de rapide et 14 de lantus en Thaïlande.

L’alcool

Après les bonnes soirées festives, je terminais régulièrement dans un état d’hypo constante. Malgré le sucre, je n’arrivais pas à faire remonter ma glycémie. J’ai donc remarqué que boire de l’alcool augmentait ma glycémie dans un premier temps puis la faisait descendre et « absorbait » le sucre pris pour contrebalancer. Les soirs où je sais que je vais goûter la vie nocturne locale, je fais donc une piqure de rapide plus forte que d’habitude et pas de lantus. Les médecins ne recommandent pas d’interrompre la lantus mais c’est l’équilibre que j’ai trouvé.

Les activités

Je n’accepte pas les interdits. J’ai fait de la plongée sans autorisation médicale au Brésil et au Mozambique, je suis allée dans une mine interdite aux diabétiques au Chili, etc. Je fais tout mais je réfléchis 😉 . Les sports aquatiques sont les plus compliqués à gérer. En effet, dans l’eau on se dépense plus et, personnellement, je sens plus difficilement les hypoglycémies. Il faut aussi savoir que les « émotions » influent sur la glycémie. Un coup de stress et c’est l’hypo assurée pour moi. Lors de ma première plongée en Brésil j’ai dû manger une vingtaine de carrés de sucre pour éviter l’hypo quand j’étais dans l’eau. Relativisons, c’est relou mais pas infaisable.

Pensez à toujours avoir de quoi vous resucrer et de l’eau. Si vous faites une hypo et que vous n’avez pas dans l’immédiat de quoi remonter la glycémie, ne paniquez pas (les émotions, comme je vous disais). Il y aura une solution, « empruntez » un gâteau à quelqu’un. Ah oui aussi, je fais toujours très attention à mes pieds qui sont sensibles. Avec le diabète je cicatrise mal. Peu de tongs pour moi en voyage donc et bonjour les chaussures de rando ou baskets !

Comment gérer son diabète au retour ?

Lors des grands voyages j’ai pris l’habitude d’aller chez le médecin et/ou de faire une prise de sang. Je vérifie que tout va bien pour éventuellement prendre des vitamines ou autres compléments alimentaires. Car le diabète c’est aussi avoir un système immunitaire moins efficace et attraper ce qui passe. Je reviens régulièrement malade. Et puis je me soigne, je grogne sur ce diabète et je reprends un billet d’avion  😎 !

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Je témoigne

Suite à la parution de cet article, j’ai été invitée à témoigner sur le site de la Fédération Française des Diabétiques sur le thème “le diabète et le voyage“.

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